27 leçons de vie par Eckhart Tolle

1. Le moment présent est le bien le plus précieux qui soit.

« Les gens ne réalisent pas que le moment présent est tout ce qui existe ; il n’y a pas de passé ou de futur, sauf en tant que souvenir ou anticipation dans votre esprit. »

« … Le passé vous donne une identité et l’avenir la promesse du salut, de l’accomplissement sous toutes ses formes. Les deux sont des illusions. »

« Le temps n’est pas précieux du tout, parce que c’est une illusion. Ce que vous percevez comme précieux n’est pas le temps, mais le seul point qui est hors du temps : le moment présent. Effectivement il est très précieux. Plus vous êtes concentré sur le temps, passé et futur, plus vous manquez le moment présent, la chose la plus précieuse qui soit. »

« Ne laissez pas un monde fou vous dire que le succès est autre chose qu’un moment présent couronné de succès. »

« La plupart des humains ne sont jamais pleinement présents dans le moment présent, parce qu’inconsciemment ils croient que le moment suivant sera certainement plus important que celui-ci., Mais alors vous ratez votre vie entière, qui n’est plus jamais le moment présent. »

« Dès que vous honorez le moment présent, tout malheur et tout combat disparaissent, et la vie se met à couler dans la joie et la facilité. Lorsque vous agissez sur la prise de conscience du moment présent, tout ce que vous faites s’imprègne d’un sentiment de qualité, d’attention et d’amour, même l’action la plus simple. »

Matin de lumiere

2. Où que vous soyez, soyez-y totalement.

«  Où que vous soyez ,soyez-y totalement . Si vous trouvez votre ici et maintenant intolérable et qu’il vous rend malheureux ,trois possibilité s’offrent à vous :vous retirer de la situation ,la changer ou l’accepter totalement. Si vous voulez assumer la responsabilité de votre vie , vous devez choisir l’une de ces trois options , et tout de suite. Puis , acceptez en les conséquences . Sans excuses. Sans négativité. Sans pollution psychique. Gardez votre espace intérieur dégagé. »

Le chemin de lumiere

3. Dites toujours « oui » au moment présent.

« Superficiellement, l’acceptation peur ressembler à de la passivité. En réalité, elle est active et créative du fait qu’elle amène quelque chose d’entièrement nouveau en ce monde. Cette fréquence vibratoire subtile de paix est la conscience. »

« Acceptez, puis agissez. Peu importe ce que le moment présent contient, acceptez-le comme si vous l’aviez choisi. Allez toujours dans son sens, pas contre lui. »

« Dites toujours « oui » au moment présent. Qu’y aurait-il de plus futile, de plus insensé, que de créer une résistance interne à ce qui est déjà ? Qu’est ce qui pourrait être plus fou que de s’opposer à la vie elle-même, qui est maintenant et toujours maintenant ? Abandonnez-vous à ce qui est. Dites « oui » à la vie, et vous la verrez soudainement commencer à fonctionner pour vous plutôt que contre vous. »

Riviere dans la brume

4. La vie vous donnera toutes les expériences qui seront utiles pour l’évolution de votre conscience.

« La vie vous donnera toutes les expériences qui seront utiles pour l’évolution de votre conscience. Comment savoir que c’est l’expérience dont vous avez besoin ? Parce que c’est l’expérience que vous rencontrez en ce moment. »

L'admirable pouvoir de l'esprit humain!

5. Ne prenez pas la vie trop au sérieux.

« La vie n’est pas aussi grave que ce que l’esprit laisse paraître. »

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6. Vous ne trouverez pas l’amour à l’extérieur de vous.

« L’amour est un état. L’amour n’est pas à l’extérieur, mais au plus profond de vous. Il est en vous et indissociable de vous à tout jamais. »

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7. Plus vous vous attardez sur des choses négatives, plus votre esprit devient obsédé par des choses négatives.

« Les gens ont tendance à s’attarder davantage sur les choses négatives que sur les bonnes choses ? Donc l’esprit devient obsédé par des choses négatives, des jugements, de la culpabilité et de l’anxiété à cause de l’avenir et ainsi de suite. »

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8. Lorsque vous vous plaignez, vous vous placez en victime.

« Se plaindre est toujours la non-acceptation de ce qui est. Invariablement, cela porte une charge négative inconsciente. Lorsque vous vous plaignez, vous vous placez en victime. Laissez la situation ou acceptez la. Tout le reste est de la folie.»

C'est sur!

9. Il y a un équilibre délicat entre honorer le passé et se perdre dedans.

« Il y a un équilibre délicat entre honorer le passé et se perdre dedans. Par exemple, vous pouvez reconnaître et apprendre des erreurs que vous faites, puis vous recentrer sur le présent. Cela s’appelle vous pardonner. »

Hotel de Barral Grand-Place Soissons

Hotel de Barral Grand-Place Soissons

10. Lâcher prise nécessite de la force et beaucoup de courage.

« Parfois, lâcher prise est un acte plus puissant que se défendre ou s’accrocher. »

« Certains changements vous sembleront négatifs en apparence, mais vous vous rendrez vite compte que cet espace est créé dans votre vie pour que quelque chose de nouveau émerge. »

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11. Vous êtes un être humain pas un être façonné.

« Dans la course actuelle, nous pensons tous trop, cherchons trop, voulons trop, et oublions la joie de simplement Être. »

le basque

12. Renoncez à vous définir, que ce soit à vous ou aux autres.

« Vous vous limitez en vous définissant par la pensée. »

« Renoncez à vous définir, que ce soit à vous ou aux autres.Vous n’en mourrez pas. Au contraire, vous reviendrez à la vie. Et ne vous préoccupez pas de la façon dont les autres vous définissent. Quand ils le font, ils se limitent eux-mêmes. C’est donc leur problème. Chaque fois que vous interagissez avec des gens, ne soyez pas là principalement comme une fonction ou un rôle, mais comme un champ de Présence consciente. Vous pouvez seulement perdre quelque chose que vous avez, mais vous ne pouvez pas perdre quelque chose que vous êtes. »

« Une fois que vous vous êtes identifié à une forme quelconque de négativité, vous ne voulez pas vous en départir et, à un niveau inconscient profond, vous ne désirez aucun changement positif, puisque cela menacerait votre identité de personne déprimée, en colère, ou traitée injustement. Par conséquent, vous ignorerez, nierez, ou saboterez ce qui est positif dans votre vie. C’est là un phénomène très commun. C’est également dément. »

L'effet Papillon

13. Vous êtes plus que votre esprit.

« À un niveau plus profond, vous êtes déjà complet. Lorsque vous le réalisez,il y a une énergie joyeuse derrière ce que vous faites. »

« Vous connaître comme étant l’Être derrière le penseur, le calme derrière le parasitage du mental, l’amour et la joie derrière la souffrance, c’est cela la liberté, le salut, l’illumination ».

« L’ennui, la colère, la tristesse ou la peur ne sont pas « à vous »; ils n’ont rien de personnel. Ce sont des états d’esprit. Ils vont et viennent. »

« La liberté commence quand vous prenez conscience que vous n’êtes pas cette entité, c’est à dire le penseur. En sachant cela, vous pouvez alors surveiller cette entité. Dès l’instant où vous vous mettez à observer le penseur, un niveau plus élevé de conscience est activé. »

Qui sait_

14. Il n’y a pas d’ego là où il y a un amour vrai.

« Une relation véritable en est une qui n’est pas dominée par l’ego. Il y a une attention vigilante, la présence et une ouverture envers l’autre personne, sans vouloir quoi que ce soit. Ceci est obligatoire pour qu’une relation soit authentique. »

C'est le printemps!

C’est le printemps!

15. Tout ce que vous combattez vous rend plus fort, et tout ce à quoi vous résistez, persiste.

« N’offrir aucune résistance à la vie, c’est être dans un état de grâce, de facilité et de légèreté. Cet état ne dépend plus du fait que les choses soient comme ci ou comme ça, bonnes ou mauvaises.»

« Votre façon de réagir face aux autres, vous renforce intérieurement. »

« Tout ce que vous combattez vous rend plus fort, et tout ce à quoi vous résistez, persiste. »

Casse-tete chinois

Casse-tete chinois

16. Le pouvoir sur les autres, c’est de la faiblesse déguisée en force.

« Le pouvoir sur les autres, c’est de la faiblesse déguisée en force. Le véritable pouvoir est à l’intérieur. Il est déjà vôtre. »

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17. Toute dépendance commence par la douleur et finit par la douleur.

« Toute dépendance naît d’un refus inconscient à faire face à votre propre souffrance et à la vivre.
Celle-ci commence et finit dans la souffrance. Quelle que soit la substance à laquelle vous êtes accroché – l’alcool, la nourriture, les drogues légales ou illégales, ou bien une personne -, vous vous servez de quelque chose ou de quelqu’un pour dissimuler votre douleur. »

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18. L’exclusivité n’est pas l’amour de Dieu mais « l’amour » de l’ego.

« L’amour n’est pas sélectif, tout comme la lumière du soleil. Il ne fait pas en sorte qu’une personne soit spéciale. L’amour n’est pas exclusif. L’exclusivité n’est pas le propre de l’amour divin, mais celui de l’ego. Par contre, l’intensité selon laquelle le véritable amour est ressenti peut varier. Il se peut qu’une personne vous reflète l’amour qui est en vous plus nettement et plus intensément que les autres. Et si cette personne ressent la même chose face à vous, on peut dire que vous êtes en relation d’amour avec elle. Le lien entre vous et cette personne est le même que celui qui existe entre vous et la personne assise à côté de vous dans l’autobus, ou que celui qui existe entre vous et un oiseau, un arbre ou une fleur. Seul diffère le degré d’intensité avec lequel vous sentez ce lien. »

Pourquoi l'amour s'en va et vient....

19. Cherchez à vivre avec authenticité.

« Les relations humaines authentiques deviennent impossibles lorsque vous vous perdez dans un rôle. »

« Être fidèle à une image que vous avez de vous-même ou que d’autres gens ont de vous est une vie inauthentique. »

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20. Nous ne « voyons » pas Dieu tel qu’il est, nous voyons Dieu comme nous sommes.

« L’homme créa Dieu à son image… »

Gisant

21. La recherche est l’antithèse du bonheur.

« Ne cherchez pas le bonheur. Si vous le cherchez, vous ne le trouverez pas, parce que la recherche est l’antithèse même du bonheur. »

« Y-a-t-il une différence entre bonheur et paix intérieure ? Oui, le bonheur dépend de conditions qui sont perçues comme positives, pas la paix intérieure. »

Paix

22. Vous obtenez ce que vous donnez

« Ce que vous faites pour les autres, vous le faites pour vous-même. »

L'américain

23. Toute action est souvent mieux que pas d’action.

« Toute action est souvent mieux que pas d’action, surtout si vous avez été coincé dans une situation malheureuse pendant longtemps. S’il s’agit d’une erreur, à moins que vous appreniez quelque chose, dans ce cas, il ne s’agit plus d’une erreur. Si vous restez coincé, vous n’apprendrez rien. »

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24. Si vous rendez la fontaine pure, tout sera pur.

« Si vous parvenez à concilier votre intérieur , le reste se mettra en place instantanément. Le besoin primaire réside à l’intérieur; le secondaire est à l’extérieur. »

Juste un peu de lumiere

25. L’esprit est un superbe instrument s’il est utilisé correctement.

« L’esprit est un superbe instrument s’il est utilisé correctement. Cependant, s’il est mal utilisé, cela peut devenir destructeur. Pour être plus précis, vous n’utilisez pas vraiment votre esprit à tort, généralement vous ne l’utilisez pas du tout. Il vous utilise. C’est la maladie. Vous croyez que vous êtes votre esprit. C’est du délire. L’instrument a pris le dessus sur vous.»

La maison du bonheur

26. L’inquiétude est une perte de temps.

« L’inquiétude fait semblant d’être nécessaire, mais elle ne sert à rien. »

Tristesse au parc

 

27. Si les structures de l’esprit humain restent inchangées, nous finirons toujours par recréer le même monde.

Changement de saison

Changement de saison

« Pour faire la paix en temps de guerre »

LA VERITABLE PAIX
COMMENCE PAR L’OBSERVATION ET L’ACCEPTATION
DE NOTRE PROPRE VIOLENCE

Résumé du livre de Pema Chödrön :
« Pour faire la paix en temps de guerre »
paru aux éditions de La Table Ronde.

se préparer à la patience

se préparer à la patience

L’origine de la colère, la violence, ou la guerre, se trouve toujours au niveau d’une sorte de crispation intérieure. Un fait, une parole, un événement, vont susciter une fermeture de notre coeur et un emballement de nos pensées dans une réaction en chaîne. Cette inflexibilité nous entraine vers les dogmes et jusqu’à l’intégrisme.

Nous sommes, à la base, incapables de nous observer dans ces situations. Pourtant, en général, nous fonctionnons en image miroir à ceux contre qui sont dirigés tous nos griefs.

Or c’est bien de là qu’il faut partir : l’observation de notre attitude nous permet de choisir de ne pas en prendre le chemin, de ne pas retomber dans cet automatisme qui jalonne notre parcours. Ce choix exige le courage de faire face à la peur. Car arrêter le moulin de ces réactions en chaine crée un profond malaise, qui, si nous sommes capables de le traverser, mène à l’apaisement, et à l’ouverture du coeur.

Quand nous nous reconnaissons porteur de ce que nous condamnons justement chez l’autre, nous ouvrons la porte à l’empathie. Nous comprenons alors que nos peurs, notre dogmatisme, notre intégrisme, notre rigidité, nous font tout autant souffrir que l’on peut souffrir de l’oppression et de l’injustice. Les deux facettes font partie de la même pièce. Et stopper l’engrenage d’un côté stoppe la spirale de la violence.

Selon Pema Chödrön, la patience est l’antidote de l’agression. Elle nous permet de ne pas entrer dans le cercle infernal de la réponse à l’agression. Car la riposte ne réduit pas, mais amplifie la douleur de l’agression, elle ne réduit pas non plus la colère.

La patience, à l’inverse, permet de décaler le regard, stopper l’automatisme. Elle refuse également de se laisser piéger par l’urgence. En s’arrêtant, en se mettant à l’écoute de son ressenti, on prend le chemin de l’apaisement. Ce n’est pas un chemin facile mais il porte au-delà de notre propre paix, pour soi et pour tous.

Pema Chödrön exprime que cela exige beaucoup d’intrépidité. En se mettant dans l’attente, on apprend à accepter de faire face à la colère, la nôtre, et la douleur qui y est inhérente. Cette attente, ce refus d’utiliser nos automatismes, permet de cultiver la patience. Et rien ne permet d’éviter de traverser cet état : pas de raccourci, de remède, de bouée.

Mais cette capacité à traverser cela nous permet d’accéder à autre chose. Outre le choix qui devient possible entre la spirale de l’agression et la paix; la patience mène à un nouveau regard, à plus de lucidité.

En laissant tomber notre armure, en refusant de riposter, nous sommes amenés à faire face à notre vulnérabilité. Et la lucidité face à notre propre vulnérabilité, mène à une forme d’indulgence, voire d’humour, envers soi-même, mais également envers les autres. La patience nous mène en quelque sorte à découvrir une dimension de nous-mêmes. En la découvrant chez nous, nous la découvrons aussi chez les autres, et faisons croître notre indulgence, notre bienveillance, à leur égard.

Pema Chödrön introduit le terme tibétain de « Shenpa » qui désigne un concept mal identifié en Occident, le moment où, lors d’un événement (reproche qu’on nous adresse, faux pas, échec), quelle qu’en soit la taille, nous mordons à l’hameçon, en ressentant un malaise ou une frustration. Et, si nous ne sommes pas conscients de ce qui nous arrive, l’impulsion d’agir ou de réagir à l’événement, nous entraine dans des comportements automatiques. Ce malaise et cette agitation correspondent à une insécurité profonde. S’abstenir d’agir peut s’apparenter au refus de réagir lors de démangeaisons. Pour parvenir à ne pas se laisser emporter par la shenpa, Pema Chödrön propose la méditation, le retour au moment présent, l’immobilité dans l’irritation, en apprenant la patience.

Il est possible d’apprendre aussi à repérer la shenpa chez autrui, et, dans la bienveillance et la patience, adapter la conversation avec sagesse – ce qu’on appelle la « prajna » – de manière à ne pas créer une escalade et calmer le jeu.

Les fois où nous cédons à la démangeaison, constituent aussi un apprentissage a posteriori, par la réflexion, en se remémorant les émotions, pour parvenir à les dépasser.

Pema Chödrön définit quatre étapes de ce processus : reconnaître la shenpa, s’abstenir d’agir, se détendre, et enfin décider d’interrompre définitivement cette dynamique. On conserve de la sorte notre énergie et on élargit nos perspectives, notre conscience.

La réalité dure de la vie (deuils, frustrations, confrontations, douleurs,…) est inévitable. Mais ce n’est pas de là que vient le malheur, il vient de notre recherche à y échapper. Or la souffrance est à l’origine de beaucoup d’enseignements : le questionnement, l’empathie face à ceux qui vivent pareil, l’humilité devant la vie. Les difficultés et souffrances sont des chances d’évolution, de transformation. La recherche du bonheur à tout prix est une prison. Traverser la souffrance en l’acceptant, en y étant présent, permet d’accéder à une force intérieure. La réaction de fuite devant la menace, la douleur, la colère, nous rigidifie. Nous nous construisons des murs de protection face à toutes ces situations, qui nous enferment, plutôt qu’ils ne nous en libèrent. Apprendre à reconnaître nos systèmes de protection est le chemin qui mènera à les démanteler. La méditation, la pratique de la patience, et la capacité à reconnaître la shenpa, sont les moyens pour y arriver. Cet apprentissage exige un entrainement à être attentif, à rester ouvert à la difficulté à s’observer.

Pour s’y aider Pema Chödrön présente la notion bouddhiste de la bodhicitta, qui consiste à vouloir aller mieux et vouloir que le monde aille mieux; ces deux choses faisant partie d’un seul concept.

La bodhicitta relative concerne la bienveillance et l’attention que l’on se porte à soi-même, dans toutes les dimensions, et à toutes les parties de soi. Il s’agit d’un amour inconditionnel, qui ne stimule pas les parties problématiques de soi, mais les accepte et les aime sans honte, ni culpabilité, mais aussi sans limite.

Quand nous fuyons des parties de nous-mêmes, cela va nous forcer à fuir les situations pouvant mettre au jour ces parties devant d’autres personnes. Dans nos relations, l’accès à une forme d’intimité avec l’autre, va tôt ou tard dévoiler les parties de nous moins visibles. Si ce sont des parties que nous n’acceptons pas nous-mêmes, nous serons amenés à fuir ces situations. Tout l’art est alors de refuser de fuir pour apprendre à s’aimer tel qu’on est. En cultivant cette capacité à se regarder lucidement, en s’aimant inconditionnellement, on apprend la compassion, à savoir : on apprend à accepter chez l’autre ce que l’on accepte chez soi. En sachant aimer une personne, on devient capable d’aimer des millions de personnes.

La bodhicitta absolue va un cran plus loin. C’est l’ouverture du coeur, la capacité d’amour inconditionnel envers le monde, au-delà des jugements et préjugés. On arrive à un tel niveau par l’entrainement. En commençant par observer nos états d’âme, ensuite en ne se laissant pas piéger par eux, et en accueillant la souffrance inhérente au fait de ne pas les fuir; on surmonte alors peurs et douleurs, et de la sorte, en s’élevant, on aide à diminuer la souffrance dans le monde.

Quand on parvient à éviter la shenpa, qu’on accepte d’éprouver l’insécurité et la colère, d’observer nos états d’âme sans poser d’acte immédiat; on évite déjà d’entrer dans une escalade. Mais il est possible aussi d’accompagner cela par un voeu que cette attitude touche les autres qui souffrent de la même manière, en éprouvant de la compassion pour eux. Il est même possible de pratiquer cela hors situation, par visualisation d’un sentiment d’aversion, par exemple. La pratique amène à ce que cette aversion se désagrège. Il ne s’agit donc ni de fuir le malaise, ni de le rechercher, mais de le traverser, et d’accéder de la sorte à une force nouvelle, une conscience élargie.

Si l’on considère cet apprentissage à un niveau planétaire, et que ce que nous vivons maintenant est la conséquence de nos actions du passé; en travaillant sur soi dans la compassion, nous semons les graines d’une paix future dans le monde. Peu importe le temps que cela mettra, l’important étant d’agir maintenant dans le bon sens. Les changements réalisés chez soi et ailleurs créent de la sorte une nouvelle culture.

Quand nous ne mordons pas à l’hameçon, et nous permettons une pause plutôt que de réagir : nous brûlons les graines de l’agression. A la fois nous nous ouvrons à une réalité élargie et oeuvrons pour un mieux dans le monde. Lorsque toutes nos graines de l’agression seront brûlées, nous rayonnerons la confiance, l’authenticité, nous serons d’une présence agréable. Car si nous nous aimons nous-mêmes, sans honte, sans culpabilité, et avançons dans la sécurité, nourrissant la compassion pour nos prochains, incapables de leur reprocher ce que nous ne nous reprochons plus; alors personne ne pourra se sentir en danger face à nous.

Pema Chödrön propose, quand on s’éloigne de la crispation, et qu’on cultive la compassion, de simplifier les choses. Accepter ce qui est sans se poser mille questions, et traverser, commencer à faire les choses autrement, participant à cette nouvelle culture, pour soi et pour toute la planète.

Claire De Brabander
janvier 2009

Grâce à vous, mon bonheur ne dépend que de moi!

OUI MAIS….2016

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Grâce à vous, mon bonheur ne dépend que de moi!
Ressasser le passé, en vouloir au monde entier, à Dieu, à ses seins (car chacun sait bien que Dieu est une femme), vivre à longueur, à langueur de journée du ressentiment
pour tout ce qui bouge ou ne bouge pas, c’est ramer à contre courant, c’est refuser catégoriquement d’accepter que l’on ne peut pas changer  le passé!
S’agripper aux barreaux de sa propre prison, parce que l’on ne connait qu’elle, ou simplement parce que ce n’est pas le moment, parce que l’on refuse de voir que nous en sommes bien à l’extérieur, parce que l’on a peur de ce que l on ne connait pas!

Cesser de s’agripper, c’est lâcher prise, c’est se laisser aller à l’aventure, c’est oser vivre sa vie, c’est construire au présent!
Bien sûr tant que l’on s’accroche, on souffre, on se met en colère, une colère quasi-permanente, et dans cet état « hors de soi », il manque, pardon, IL MANQUE,
l’essentiel dans notre vie, il manque, il manque d’Amour!

On ne peut aimer lorsque l’on est en colère, car le premier principe est l’antidote du second et parce que l’on ne peut remplir un vase déjà plein! Oui l’amour à besoin d’un vaste espace pour AGIR, pour Dynamiser notre être, pour Eclore, et Fleurir .
En colère on est en parfaite disposition pour avoir une trouille bleue (j’aurais même dit noire) du futur, une méfiance quasi-obsessionnelle pour tout ce qui pourrait réellement nous extraire  de ces sables mouvant.

La peur nous paralyse, elle nous aveugle sur le possible de l’avenir… Mais savez-vous ce qu’il y a de plus dramatique dans ce trio infernal, Ressentiments (passé), Colère ( présent), Peur (avenir), et bien c’est que chaque jour, chacun d’eux invite les deux autres à sa table, la boucle est bouclée, le cadenas cadenassé, la cécité verrouillée, il n’y a plus qu’à souffrir ou mourir!
Petite chanson courte:

« Je t’en veux tant de m’avoir fait souffrir,
Moi qui ai tout fait (étouffé) pour toi
Saloperie de vie qui m’empêche de rire!
Tu me mets tellement (ment) hors de moi
Vraiment c’est de pire en pire
Il est gâché mon avenir à moi! »

Pour un peu de fantaisie on pourrait permuter ces vers…..histoire de se faire croire que nous ne souffrions pas d’ égocentrisme mais seulement d’une légère dépendance, à l’alcool, aux drogues, au sexe, à la bouffe, aux jeux, au web, d’un comportement nuisible, ou bien même à quelqu’un qui souffrirait lui-même de tout cela, ou encore plus subtilement à un zapping entre toutes ces délicieuses friandises.

On pourrait aussi nourrir quelques idées fausses, fragiles voire douteuses que tout se résout par la chimie, au grand bonheur des vendeurs de bonheur et que cela ne serait absolument pas comporteMENTAL, qu’il suffirait d’avaler une ou deux ou  trois pilules magiques!
Et s’il suffisait d’accepter plutôt que de (se)reprocher
Et s’il suffisait d’aimer plutôt que de (se)violenter
Et s’il suffisait enfin de (se) faire confiance
Juste
Parce que le temps nous est compté!
Juste
Parce que sourire est agréable!
Juste
Pour pas faire comme tout le monde!
Juste pour
S’épanouir!

Juste pour……

Franck Alleron

Tonglen

  1. Tonglen pratiqué sur l’environnement.

    Nous savons tous combien nos humeurs et nos états d’âme ont d’emprise sur nous. Asseyez-vous et prenez conscience de votre humeur et de votre état d’esprit. Si vous êtes anxieux, si l’atmosphère est lourde, absorbez alors mentalement – en inspirant – tout ce qui est insalubre et – en expirant – répandez autour de vous calme, clarté et joie, purifiant et assainissant ainsi l’atmosphère et l’environnement de votre esprit. Voilà pourquoi j’appelle cette première étape « tonglen pratiqué sur l’environnement ».

    Pauvre petite planete bleue!Pardonnez-leur car  ils ne savent pas ce qu'ils font!

    Pauvre petite planete bleue!Pardonnez-leur car ils ne savent pas ce qu’ils font!

    2. Tonglen pratiqué sur soi-même.
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    Pour accomplir cet exercice, divisez-vous en deux aspects, A et B. A est l’aspect de vous qui est sain, empli de compassion, chaleureux et aimant, tel un ami véritable, réellement désireux d’être là pour vous, à votre écoute et ouvert à ce que vous êtes, sans jamais vous juger, quels que soient vos défauts ou vos faiblesses.
    B est l’aspect de vous qui a été blessé, celui qui se sent incompris et frustré, amer ou en colère. Il a peut-être été injustement traité – ou même maltraité – dans l’enfance. Il a souffert dans ses relations personnelles ou a été victime d’injustice sociale.
    En inspirant, imaginez que A ouvre complètement son coeur, accueille et embrasse avec chaleur et compassion toutes les souffrances, négativités, douleurs et blessures de B. Emu, B ouvre lui aussi son coeur et toutes ses douleurs et souffrances disparaissent dans cette étreinte emplie de compassion.
    En expirant, imaginez que A envoie à B tout le pouvoir réparateur de son amour, toute sa chaleur, sa confiance, son bien-être, son assurance, son bonheur et sa joie.

    3. Tonglen pratiqué dans une situation vivante.
    Image de Soi
    Représentez-vous avec précision une circonstance au cours de laquelle vous avez mal agi, dont le souvenir vous emplit de culpabilité et dont la seule évocation vous fait frémir.
    Puis, en inspirant, acceptez la totale responsabilité de vos actes lors de cette circonstance particulière, sans essayer en aucune façon de justifier votre conduite. Reconnaissez précisément ce que vous avez fait de mal et demandez pardon de tout votre coeur. En expirant à présent, dispensez la réconciliation, le pardon, la guérison et la compréhension.
    Ainsi, vous inspirez la faute et expirez la réparation du mal causé, vous inspirez la responsabilité de vos actes et expirez la guérison, le pardon et la réconciliation.
    Cet exercice est particulièrement puissant. Il peut vous donner le courage d’aller voir la personne à qui vous avez fait du tort, ainsi que la force et la détermination de lui parler sans détours, et de réellement lui demander pardon du plus profond de votre coeur.

    4. Tonglen pratiqué pour les autres.

    Je vous présente mon ombre

    Je vous présente mon ombre

    Pensez à quelqu’un dont vous vous sentez très proche, en particulier une personne qui est dans la douleur.
    En inspirant, imaginez que vous prenez sur vous avec compassion toute sa souffrance et sa douleur et, en expirant, dirigez vers elle chaleur, amour, joie, bonheur et guérison.
    Maintenant, tout comme dans la pratique de l’amour-tendresse, élargissez graduellement le cercle de votre compassion pour inclure d’abord d’autres personnes dont vous vous sentez très proche, puis celles qui vous sont indifférentes, celles qui vous déplaisent ou avec lesquelles vous êtes en conflit et, enfin, celles qui sont à vos yeux cruelles ou monstrueuses. Laissez votre compassion devenir universelle et accueillir dans son étreinte tous les êtres sensibles, sans aucune exception

Saint-Georges terrassant un dragon

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« Un jour, Georges arriva dans une ville de la Libye nommée Silène. Or, dans un étang voisin de la ville habitait un dragon effroyable qui, maintes fois, avait mis en déroute la foule armée contre lui. Parfois, il s’approchait des murs et empoisonnait de son souffle tous ceux qui se trouvaient à sa portée. Pour apaiser la fureur de ce monstre et l’empêcher d’anéantir la ville entière, les habitants lui offraient, chaque jour, deux brebis. Mais bientôt le nombre de brebis se trouva si réduit que force fut aux habitants de tirer au sort une créature humaine et aucune famille ne fut exceptée de ce choix. Et déjà, presque tous les jeunes gens de la ville avaient été dévorés lorque, le jour de l’arrivée de saint Georges, le sort désigna pour victime, la fille unique du roi.

Vêtue d’une robe de mariée, attachée à un rocher aux marches de la ville, la princesse attend donc la mort. Georges pose d’abord une condition avant d’en finir avec le monstre: Il ne tuera le dragon que si le peuple se convertit au christianisme. Contraint, le peuple se soumet à cette demande et on baptisa quinze mille habitants sur le champ. Alors que, dans la légende orientale, Georges terrasse tout simplement le dragon avec sa lance (parfois avec son épée) comme tout légionnaire romain qui se respecte, dans la Légende dorée, l’arme de l’exploit est un signe de croix :

…Le dragon souleva sa tête au-dessus de l’étang et Saint Georges, après être monté sur son cheval et s’être muni du signe de la croix, assaillit bravement le dragon qui s’avance vers lui. Il brandit haut sa lance, fit au monstre une blessure qui le renverse sur le sol. Et le saint dit à la princesse: « Mon enfant, ne crains rien et lance ta ceinture autour du cou du monstre! » La princesse fit ainsi et le dragon, se redressant, se mit à la suivre comme un petit chien qu’on mènerait en laisse.

      La bête fut ensuite conduite par la princesse jusqu’à la ville où elle fut décapitée. »

Le chercheur

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Ceci est l’histoire d’un homme que je définirai comme un chercheur…
Un chercheur est quelqu’un qui cherche, pas nécessairement quelqu’un qui trouve.
Ce n’est pas non plus quelqu’un qui, nécessairement, sait ce qu’il est en train de chercher. C’est simplement quelqu’un pour qui la vie est une recherche.
Un jour, le chercheur sentit qu’il devait aller à la ville de Kammir. Il avait appris à prêter rigoureusement attention à ces sensations provenant d’un lieu inconnu de lui-même. Donc, il laissa tout et partit.
Après deux jours de marche par les poussiéreux chemins, il aperçut, au loin, Kammir. Peu avant d’arriver au village, une colline à la droite du sentier lui attira tout particulièrement l’attention. Elle était recouverte d’un vert merveilleux et il y avait beaucoup d’arbres, oiseaux et fleurs ravissantes. Elle était intégralement entourée d’une espèce de petite clôture de bois brillant.
Une petite porte de bronze l’invitait à entrer.
Tout à coup, il sentit qu’il oubliait le village et succomba à la tentation de se reposer un moment dans ce lieu. Le chercheur franchit l’entrée et commença à marcher lentement entre les pierres blanches qui étaient comme distribuées au hasard, entre les arbres.
Il laissa ses yeux se poser comme des papillons sur chaque détail de ce paradis multicolore.
Ses yeux étaient ceux d’un chercheur, et c’est peut-être pourquoi il découvrit cette inscription sur l’une des pierres :
Abdul Tareg vécu 8 ans, 6 mois, 2 semaines et 3 jours.
Il fut quelque peu saisit d’effroi en se rendant compte que cette pierre n’était pas seulement une pierre : c’était une pierre tombale.
Il sentit de la peine en pensant qu’un enfant d’un si jeune âge était enterré dans ce lieu.
Regardant autour de lui, l’homme se rendit compte que la pierre d’à côté portait également une inscription. Il s’approcha pour la lire. Elle disait :
Yamir Kalib, vécu 5 ans, 8 mois et 3 semaines
Le chercheur se sentit profondément bouleversé.
Ce bel endroit était un cimetière, et chaque pierre, une tombe.
Une par une, il commença à lire les pierres tombales. Elles portaient toutes des inscriptions similaires : un nom et le temps de vie exact du mort.
Mais ce qui le mit dans un état de frayeur ce fut de vérifier que celui qui avait vécu le plus longtemps dépassait à peine les 11 ans.
Saisit d’une terrible douleur, il s’assit et se mit pleurer.
Le gardien du cimetière passait par là et s’approcha.
Il le regarda pleurer pendant un moment, en silence et ensuite lui demanda s’il pleurait pour un parent.
– Non, pour aucun parent – dit le chercheur – Que se passe-t-il dans ce village ? Quelle chose si terrible y a-t-il dans cette ville ? Pourquoi il y a-t-il tant d’enfants morts enterrés dans ce lieu ? Quelle est l’horrible malédiction qui pèse sur ces gens, qu’est-ce qui les a obligé à construire un cimetière d’enfants ?
Le vieux monsieur sourit et dit :
– Vous pouvez vous tranquilliser. Il n’y a pas de telle malédiction. Ce qu’il y a, c’est qu’ici, nous avons une vieille coutume. Je vais vous le raconter.
« Quand un jeune a quinze ans, ses parents lui offrent un carnet comme celle que j’ai là, pour qu’il la mette autour du cou.
C’est une tradition entre nous qu’à partir de ce moment, chaque fois qu’on profite intensément de quelque chose, on ouvre le carnet et on y note :

A gauche, ce que fut le plaisir.
A droite, le temps qu’il dura.
Il connu sa fiancée et tomba amoureux. Combien de temps dura cette grande passion et le plaisir de la connaitre ? Une semaine ? Deux ? Trois semaines et demi ?
Ensuite, l’émotion du premier baiser, le merveilleux plaisir du premier baiser ? Deux jours? Une semaine ?
Et la grossesse et le naissance du premier enfant… ?
Et le mariage des amis ?
Et le voyage le plus désiré ?
Et la rencontre avec ce frère qui revient d’un lointain pays ?
Combien de temps dura le plaisir de ces situations ?
D’heures, de jours ?

Ainsi, on note sur le carnet chaque moment savouré… chaque moment.

Quand quelqu’un meurt, c’est de notre habitude d’ouvrir son carnet et d’additionner le temps savouré pour l’écrire sur la tombe. Car cela est pour nous l’unique et véritable temps vécu ».

Traduit de « Cuentos para sonar » de Jorge Bucay

De l’innocence…

Enfance

 

Dans notre connaissance des choses de l’Univers (qu’elles soient mathématiques ou autres), le pouvoir rénovateur en nous n’est autre que l’innocence.
C’est l’innocence originelle que nous avons tous reçue en partage à notre naissance et qui repose en chacun de nous, objet souvent de notre mépris, et de nos peurs les plus secrètes. Elle seule unit l’humilité et la hardiesse qui nous font pénétrer au cœur des choses, et qui nous permettent de laisser les choses pénétrer en nous et de nous en imprégner.

Ce pouvoir-là n’est nullement le privilège de “dons” extraordinaires – d’une puissance cérébrale (disons) hors du commun pour assimiler et pour manier, avec dextérité et avec aisance, une masse impressionnante de faits, d’idées et de techniques connus. De tels dons sont certes précieux, dignes d’envie sûrement pour celui qui (comme moi) n’a pas été comblé ainsi à sa naissance, “au delà de toute mesure”.

Ce ne sont pas ces dons-là, pourtant, ni l’ambition même la plus ardente, servie par une volonté sans failles,qui font franchir ces “cercles invisibles et impérieux” qui enferment notre Univers. Seule l’innocence les franchit, sans le savoir ni s’en soucier, en les instants où nous nous retrouvons seul à l’écoute des choses, intensément absorbé dans un jeu d’enfant…

Alexandre Grothendiek

Lien vers le livre pdf

Caillou

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Un jour, Phardrouk, le Grec, en marchant dans le jardin, heurta du pied une pierre, il se mit en colère, revint sur ses pas et ramassa la pierre, en disant à voix basse : « Ô chose morte sur mon chemin ! » Et il lança la pierre au loin.
Almustafa, l’élu et le bien aimé, dit : « Que dis-tu par “Ô chose morte ” ? Tu es resté longtemps dans ce jardin et tu ne sais pas qu’il n’est rien de mort ici-bas ? Toutes les choses vivent et rayonnent dans la connaissance du jour et la majesté de la nuit. Toi et la pierre faites un. Ton cœur bat un peu plus vite, n’est-ce pas, mon ami ? Oui, mais il n’est pas aussi tranquille.
Son rythme est certes un autre rythme que le tien, mais je te dis que si tu sondes les profondeurs de ton âme et grimpes les hauteurs de l’espace, tu n’entendras qu’une mélodie, et dans cette mélodie la pierre et l’étoile chantent, l’une avec l’autre, parfaitement à l’unisson.
Si mes mots n’atteignent pas ton entendement, attends qu’une nouvelle aube se lève. Si tu as maudit cette pierre parce que dans ta cécité tu as trébuché dessus, alors tu maudiras une étoile s’il advenait que ta tête puisse la heurter dans le ciel. Mais le jour viendra où tu ramasseras les pierres et les étoiles comme un enfant cueille les lys des vallées, alors tu sauras que toutes ces choses sont vivantes et parfumées. »

Khalil Gibran : « Le jardin du prophète ».